Décoration Hervé Gourio


Remise des insignes de Chevalier de l’Ordre National du Mérite

Mercredi 25 janvier 2012

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Madame la Préfète, vous venez d’évoquer mon parcours professionnel, cela fera exactement 36 ans, le 1er février prochain, que je travaille au service de l’État, j’ai commencé au ministère de l’Industrie, puis en préfecture après avoir effectué mon service militaire, j’ai enfin rejoint l’ONACVG à l’issue de ma scolarité à l’Institut Régional d’Administration de Lille.

Là, j’ai découvert un univers administratif et humain qui m’était inconnu ; j’ai découvert le monde combattant et ses multiples associations représentatives, j’ai découvert son réseau particulièrement dense, profondément ancré dans notre société, qui a la particularité d’être un acteur très actif dans l’élaboration et la mise en application des politiques publiques qui le concernent ; c’est au contact de leurs responsables que j’ai pu progressivement apprendre et comprendre ce qu’elles sont, d’où elles viennent, où elles vont, beaucoup d’entre eux sont devenus mes amis.

J’ai découvert pourquoi nous travaillons avec ce supplément d’âme qui nous caractérise, dans la gestion des dossiers dont nous avons la charge et dans des domaines d’intervention multiples.

J’ai en effet découvert qu’au-delà de ces dossiers, il y a d’abord des femmes et des hommes, aux parcours de vie bouleversants, glorieux, douloureux qui méritent le respect et la considération.

J’ai découvert qu’instruire une demande de carte ou de titre est un acte administratif à la symbolique forte car il est la traduction de la reconnaissance nationale en faveur des anciens combattants et des victimes de guerre, que Georges Clémenceau revendiquait avec force et vigueur par cette simple formule : « ils ont des droits sur nous ».

J’ai découvert que le fait de recevoir sa carte du combattant, sa carte d’invalidité, de Pupille de la Nation ou son Titre de Reconnaissance de la Nation représente un événement important dans la vie du ressortissant ; car cette carte ou ce titre lui confère effectivement des droits, mais au-delà, ce document porte en lui une parcelle de son histoire qu’il partage intimement avec notre histoire nationale.

Le législateur a confié à l’ONACVG la mission de veiller en toutes circonstances aux intérêts moraux et matériels de ses ressortissants, je précise qu’ils sont 3,6 millions, cette Institution dont les racines remontent à l’année 1916, au cœur de la Première Guerre Mondiale, a évolué depuis sa création et poursuit son œuvre, dans les domaines de la mémoire, de la solidarité, de la reconnaissance et de la réparation.

Si la qualité de son action est reconnue et appréciée par l’Etat, le monde combattant et les nombreux partenaires avec qui il travaille, il incombe à ses services départementaux, services de proximité, d’exercer cette responsabilité ; elle est l’affaire d’un travail en équipe, à l’écoute des ressortissants en difficulté, ce qui est le cœur de notre métier, une équipe de qualité, réactive et volontariste, alors cette reconnaissance nationale que je reçois devant vous tous, je souhaite la partager avec mes collaboratrices et collaborateur d’hier et d’aujourd’hui qui sont parmi nous.

Certains d’entre vous connaissent le décor de mon bureau ; tous les objets qui le composent ont une signification, vous y découvrez notamment le buste de Marianne, symbole de la République et de ses valeurs auxquelles je suis très attachées, la reproduction de l’affiche de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen qui avait été apposée sur les murs de Paris en octobre 1789, le texte de l’Appel du 18 juin 1940 qu’un Président des anciens des FFL m’avait offert, la carte retraçant le parcours héroïque des unités de la France Libre jusqu’à la Libération de Strasbourg, des tableaux de personnages en uniforme, illustre ou inconnus de la Grande Guerre et de la Guerre d’Algérie qui ont une résonnance particulière avec mon histoire familiale et qu’un ami a peints à mon intention, je l’en remercie encore.

J’ai réservé une place privilégiée à la célèbre photo du Préfet Jean MOULIN, Président du Conseil National de la Résistance, parce qu’il incarne à mes yeux le courage, la volonté, la persévérance, le sens élevé du devoir, en trois mots l’esprit de Résistance dont le verbe doit toujours se conjuguer au présent.

Je terminerai en vous faisant partager une citation que j’ai relevée dans un ouvrage édité par l’Institut Jean MOULIN, la voici :

« L’idéal n’est pas une chose qui se consomme, mais une valeur qui s’entretient et qui se passe comme un flambeau ».

Président(e) de la section

M. Bernard SIMON